Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Diagnostic actualisé (recommandations internationales 2023) et prise en charge

Qu’est-ce que le SOPK ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est le trouble endocrinien le plus fréquent chez la femme en âge de procréer : il concerne 6 à 13 % des femmes. Il se caractérise par un déséquilibre hormonal associant un excès d’androgènes, des troubles de l’ovulation et, souvent, une résistance à l’insuline. C’est la première cause d’infertilité par anovulation.

Un message important :

la majorité des femmes atteintes de SOPK parviennent à concevoir, naturellement ou avec une aide médicale adaptée (recommandations ESHRE 2023).

Comment diagnostique-t-on le SOPK ? (Critères 2023)

Le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam actualisés en 2023 (ESHRE/ASRM/Endocrine Society). Il nécessite la présence d’au moins 2 des 3 critères suivants, après exclusion des autres causes (hyperplasie congénitale des surrénales, hyperprolactinémie, dysthyroïdie, syndrome de Cushing, tumeur sécrétante) :

1. Trouble du cycle (dysovulation)

Cycles de durée supérieure à 35 jours (spanio- ou oligoménorrhée), cycles inférieurs à 21 jours, ou absence de règles depuis plus de 90 jours (aménorrhée). Chez l’adolescente, les troubles du cycle doivent être interprétés avec prudence : on attend 1 à 2 ans après la ménarche pour les caractériser.

2. Hyperandrogénie (clinique ou biologique)

Clinique : hirsutisme (pilosité excessive selon le score de Ferriman-Gallwey), acné sévère ou persistante, alopécie androgénique.

Biologique : élévation de la testostérone totale ou libre, de l’androstènedione ou du SDHEA, détectée par dosage sanguin.

3. Ovaires polykystiques (échographie ou AMH)

Nouveauté 2023 : le seuil échographique a été relevé. On retient désormais ≥ 20 follicules de 2 à 9 mm sur au moins un ovaire (contre ≥ 12 dans les anciens critères) et/ou un volume ovarien ≥ 10 mL, en échographie endovaginale.

Autre nouveauté 2023 : le dosage de l’AMH (hormone anti-müllérienne) peut désormais être utilisé comme alternative à l’échographie chez l’adulte pour confirmer le critère de morphologie ovarienne polykystique. Un taux d’AMH élevé reflète l’excès de follicules antraux caractéristique du SOPK.

Attention chez l’adolescente : les critères échographiques et le taux d’AMH ne peuvent pas être utilisés avant 8 ans après la ménarche, car un ovaire riche en follicules est physiologique à cet âge.

Quels sont les symptômes ?

Le SOPK se manifeste de façon très variable d’une femme à l’autre. Les symptômes les plus fréquents sont : règles irrégulières ou absentes, difficultés à concevoir, prise de poids (particulièrement abdominale), pilosité excessive (visage, corps), acné et peau grasse, chute de cheveux, taches de peau épaissies et foncées (acanthosis nigricans, signe d’insulinorésistance), acrochordons (petites excroissances cutanées), troubles de l’humeur (anxiété, dépression) et apnée du sommeil.

Il n’y a pas un SOPK, mais plusieurs : l’intensité et la combinaison des symptômes varient selon les patientes. Certaines femmes sont minces avec peu de signes visibles, d’autres présentent un tableau complet.

Comment le SOPK affecte-t-il la fertilité ?

Anovulation :

le SOPK perturbe la maturation folliculaire. Les follicules commencent à se développer mais n’atteignent pas la maturité nécessaire à l’ovulation : ils s’accumulent dans les ovaires sous forme de multiples petits follicules, donnant l’aspect « polykystique » à l’échographie. Sans ovulation, la rencontre ovocyte-spermatozoïde ne peut avoir lieu.

Insulinorésistance et surpoids :

l’excès d’insuline stimule la production d’androgènes ovariens, aggravant le trouble ovulatoire. Le surpoids, présent dans environ 70 % des cas, réduit encore les chances d’ovulation et peut diminuer la réponse aux traitements inducteurs.

Qualité endométriale :

l’absence d’ovulation régulière et le déséquilibre hormonal peuvent altérer la qualité de l’endomètre, compromettant la nidation même lorsqu’une ovulation est obtenue.

Quel bilan complémentaire ?

Au-delà des critères diagnostiques, les recommandations 2023 insistent sur la nécessité d’un bilan métabolique systématique, car le SOPK est un facteur de risque cardiovasculaire reconnu : glycémie à jeun, HGPO 75 g (même chez l’adolescente), bilan lipidique (cholestérol total, LDL, HDL, triglycérides), insulinémie à jeun avec calcul du HOMA (recherche d’insulinorésistance), poids, taille, IMC et tour de taille, pression artérielle. Ce bilan permet de dépister précocement un diabète de type 2, une dyslipidémie ou une hypertension.

Comment ALINJAB prend en charge le SOPK ?

Chez ALINJAB, la prise en charge du SOPK est globale et pluridisciplinaire, conforme aux recommandations internationales 2023.

Hygiène de vie et rééquilibrage pondéral.

C’est la première étape, essentielle. Une perte de poids même modérée (5 à 10 % du poids corporel) peut suffire à restaurer l’ovulation spontanée chez certaines patientes. Rééquilibrage alimentaire, activité physique régulière et gestion du stress sont les piliers de cette approche.

Metformine.

Recommandée en complément des règles hygiéno-diététiques chez les patientes SOPK en surpoids (IMC ≥ 25), la metformine améliore l’insulinosensibilité et peut favoriser la reprise de l’ovulation.

Induction de l’ovulation.

Le létrozole est désormais recommandé en première intention (recommandation de haut grade, ESHRE 2023), devant le citrate de clomifène. En cas d’échec, les gonadotrophines à faibles doses avec monitorage échographique strict sont proposées.

Drilling ovarien.

En cas de résistance au létrozole et au clomifène, une multiperforation ovarienne par laparoscopie (drilling) peut être discutée comme alternative à la FIV, en particulier chez les patientes jeunes.

FIV-ICSI.

Proposée après échec des traitements de première et deuxième intention, ou d’emblée si d’autres facteurs d’infertilité sont associés (facteur tubaire, facteur masculin). Le protocole de stimulation est particulièrement adapté au SOPK pour prévenir le risque d’hyperstimulation ovarienne (protocole antagoniste, trigger par agoniste GnRH, stratégie de freeze-all). Le transfert d’embryon unique est recommandé.

Prise en charge des symptômes associés.

Hirsutisme, acné, alopécie, troubles de l’humeur : ces symptômes méritent une prise en charge spécifique, en coordination avec votre gynécologue, endocrinologue ou dermatologue si nécessaire.

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Le SOPK se traite efficacement : n’attendez pas pour agir.

Référence : Teede HJ et al. Recommendations from the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469.

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